Biographie Annie Saumont

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Annie Saumont est née à Cherbourg en 1927 et passe son enfance et son adolescence près de Rouen. Elle part alors travailler à Paris : elle devient finalement traductrice, sa spécialité est la littérature anglo-saxonne.

Parallèlement à son travail de traductrice elle commence à écrire elle-même. Sur la demande de ses éditeurs, elle publie aussi, entre 1957 et 1967, six roman, qu'elle 'renie' aujourd'hui, leur écriture ayant été demandée par intérêt éditorial, pas par implusion personnelle.
Les centaines de nouvelles qu'elle a écrites sont entre autre publiées dans une douzaine de recueils (voir la Bibliographie).

Son talent réussit à l'installer dans la scène littéraire française : En 1981 elle obtient le Prix Goncourt de la nouvelle pour son recueil Quelquefois dans les cérémonies. Elle a créé une écriture et un style dans ses nouvelles, qui la fait sortir du moule traditionnel de ce genre et qui impressionne et influence l'écriture de nouvelles chez d'autres jeunes nouvellistes français ( voir :Annie Mignard. LA NOUVELLE FRANÇAISE CONTEMPORAINE. Publication du Ministère des affaires étrangères. ISBN 2-911127-7-8-1. Novembre 2000).

Les personnages dans ses nouvelles sont présentés par quelques traits seulement, mais ce sont les traits qui permettent à entrer dans ses personnages et dans ce qu'ils cachent comme vérités : la violence, les crimes, les blessures ressenties, les impuissances qu'ils ont montrées dans leurs vies, leurs folies, leurs passions, leur volonté de combat pour une existence humaine. Souvent, l'auteur retourne loin en arrière dans la vie de ses personnages, sans toute fois, y dépenser beaucoup de mots : l'allusion qui éveillera la phantaisie du lecteur lui suffit pour ouvrir le champs de la quête de la vérité qu'il faudra sortir de l'oubli.

Son style n'est pas linéaire, des superpositions du passé et du présent forcent le lecteur de 'voyager' dans ses personnages pour les saisir : Il y a de nombreux retours en arrière, des phrases restées en suspens ou très courtes. La syntaxe est parfois abandonnée à un degré que le lecteur peu expérimenté se sent déboussolé. Elle utilise un style familier, la langue orale jusqu'à la langue argotique et jusqu'au verlan , elle abandonne parfois la ponctuation stricte…
tout cela, pour rendre ses textes plus vifs, plus proche de la réalité tout en abordant des thèmes pas du tout profane et ordinaires.

La perspective de narration passe souvent par l'œil enfantin : Quand elle entre dans la vie familiale de ses personnages, quand elle présente les moments accablants dans la vie de ses personnages. C'est souvent vu 'd'en bas', ce qu'elle raconte dans ses nouvelles, vu par ceux qui n'ont pas une position assurée dans l'hiérarchie des ensembles sociaux. Cette sensibilité à défendre ceux qui n'ont pas leurs 'avocats', fait que ces nouvelles sont une littérature vraiment engagée aux côtés des démunis. Ses nouvelles ne sont pourtant pas toutes tristes et noires, au contraire, parfois ce qu'elle raconte permet de voir un drame sous l'angle de l'ironie et de le surmonter ainsi de manière plus sure que si le drame avait été présenté sous une forme traditionnelle : chute à la fin !

En 1994 elle obtient le Prix Renaissance de la nouvelle pour Les voilà quel bonheur. Plusieurs nouvelles de sa plume ont été cernées de Prix littéraires : elle peut être regardée comme « une grande dame de la Nouvelle » (Guy Cloutier ; Magazine littéraire. Mai 1993) .

L'unité de l'œuvre d'Annie Saumont et son originalité consistent dans la volonté de montrer une réalité sans fard, mais où il y a un temps pour tout. Elle fait preuve d'une profonde compréhension des êtres d'une société dont l'indifférence intérieure se cache assez souvent derrière le masque d'un moralisme hautement postulé mais peu mis en acte.

L'écriture d'Annie Saumont représente un vrai engagement sous une plume à la pointe ferme, sèche et sans le moindre grain de pathos et de théâtralité, sans sensiblerie : Ce qu'elle nous présente dans ces nouvelles, c'est le drame sans le dramatique, la désespérance sans les larmes, (André Clavel) le drame crû tel que la réalité le pratique. Ces nouvelles donnent toujours place à la phataisie du lecteur, demandent son 'intervention' pour ouvrir grand les fenêtres de la vérité, là où Annie Saumont les a entrebaillées pour faire entrer le rayon qui attirera le lecteur à tout découvrir.

Ses œuvres commencent à entrer dans 'les classiques' de la nouvelle nouvelle française et à être analysées par la critique littéraire. Ses nouvelles sont prises en compte dans les derniers manuels de lecture aux collèges et lycées.

Pour leur utilisation comme textes authentiques contemporains dans l'enseignement du français langue étrangère, elle se prêtent d'autant plus que les nouveaux programmes ne demandent plus seulement un traitement de textes 'canonisés' et intégrés dans les cours sous l'angle de l'analyse littéraire : Avec l'accent de mener les cours à la production écrite et orale de textes par eux-mêmes, les nouvelles d'annie Saumont nous ouvrent une possibilité d'utilisation productive

  • comme texte de départ - continuer un passage ou la nouvelle dont la fin est restée ouvert
  • comme texte de base pour un scénario où les 'trous' sont à remplir par une création de texte nécessaire pour comprendre pleinement la nouvelle
  • comme texte à écrire à nouveau par le changement de la perspective de la narration


  • Les possibilités que les nouvelles d'Annie Saumont ouvrent à un tel travail peuvent être discutées en sortant de la Bibliographie.